Article 4: L'épreuve du départ.

Publié le 10 Avril 2013

Un départ difficile…

Nous sommes le 1 avril et nous rentrons d’une belle balade à vélo où nous avons pu profiter d’un beau soleil, après un week end catastrophiquement pluvieux. Et là, surprise… Nous nous sommes fait cambriolés presque la totalité de nos affaires de valeur et qui peuvent se revendre facilement; à savoir le réflex et ses deux objectifs, l’enregistreur numérique, de l’argent, etc. Par ailleurs, ils nous ont laissé le réchaud multi-fuel, les matelas et tout ce qui concerne les affaires de montagne ! A tout juste cinq jours du départ, c’est bien rageant. Et je pèse mes mots ici car des mineurs vont sûrement lire ce blog et je ne voudrais pas leur apprendre de nouveaux termes! Malgré ces imprévus, nous n’allons pas nous laisser abattre et dès le lendemain, en piochant un peu dans nos économies, nous avons pu refaire notre stock. Nous avons, par la suite, profité un maximum de nos amis, de la famille afin de faire le plein de belles images que nous emporterons dans nos cœurs. 

Quelques coups de pédales et c’est parti …

Samedi 6 avril, il est 7h30 et nous sommes en train de ranger les restes de notre dernière soirée. Nos premiers invités arrivent à partir de 8h pour prendre le café. Ils seront une vingtaine à être venu pour assister à nos premiers coups de pédale.

C’est vraiment un moment particulier où le corps fait face à de multiples émotions. Tantôt de l’impatience parce que l’heure tourne et que nous sommes toujours pas partis; tantôt de la tristesse de dire au revoir à ces ami(e)s que nous quittons pour plusieurs mois ou encore une sorte d’excitation angoissante qui te rappelle que tu es sur le point de réaliser un long voyage en vélo… En tout cas, ce matin, j’ai la boule au ventre, sans doute le stress de l’inconnu, ce qui m’empêche de manger quoi que ce soit.

10h45, le vélo est dans la rue et après avoir posé pour les dernières photos, nous voilà sur la route aux côtés d’Aymeric, César,Suisse-avril-2013 0015 Xavier, Marina, Chléo et Titou. qui feront quelques kilomètres à nos côtés. Ils nous auront d’ailleurs bien aider à débuter ce voyage – le départ se trouvant facilité.

La première étape, qui nous amène jusqu'au camping de Morges, est un véritable test. C’est en effet la première fois que nous pédalons avec l’ensemble de nos affaires pour le voyage et c’est bien plus dur que ce que j’imaginais ! La moindre côte est un véritable calvaire et nous jouons sans cesse avec la manette de nos vitesses pour trouver celle qui ne fera pas trop chauffer nos cuisses. Sans compter le vent de face qui nous percutera tout au long de la journée… Bien que difficile, je suis bien content de cette étape. Elle est un bon rappel à l’ordre pour les prochaines: ne pas se surestimer…

Après une dernière soirée avec nos proches venus spécialement camper pour passer quelques heures supplémentaires à nos côtés, nous prenons gentiment le départ en fin de matinée. C’est la première fois que nous allons pédaler seuls et c’est avec un sentiment partagé que nous nous lancerons en direction de la gare de Lausanne, située juste après une belle longue côte !

Malgré le stress, tout se passe bien dans le train. Il faut dire que nos expériences passées n’étaient vraiment pas terribles. En Suisse, les compartiments vélos sont énormes et notre tandem tient largement. Nous parvenons à rentrer tout notre matériel sans aucune difficulté et ça fait du bien. En arrivant à Schaffhouse, le décor est bien différent. J’ai l’impression de rentrer dans une carte postale Suisse, avec de belles maisons, bien alignées et des parterres de fleurs bien fleuris. Nous n’aurons malheureusement pas le temps de faire un détour par les chutes les plus hautes d’Europe, que nous aurons eu la chance d’apercevoir à travers la vitre de notre wagon.

Un échauffement pas si facile que ça …

Lors de l’une de nos rencontres, Claude Marthaler nous disait que notre voyage commencerait véritablement aux portes d’Istanbul et que jusque là, c’était une sorte d’échauffement. J’aime bien les échauffements moi… Commencer progressivement pour permettre au corps et à la tête de s’adapter à ce nouveau rythme qu’est le nomadisme. Mais après ces quelques jours, la mise en jambe est bien plus dure que ce que j’avais imaginé.

Lors de notre troisième étape, nous avons réalisé plus de 40 km avant de faire notre première pause ; 40 km où la route n’était qu’une succession de montées et de descentes. Il n’y a rien de plus frustrant que d’avaler en quelques secondes ce que tu mets 10 minutes à gravir (même si ces petites descentes nous permettent d’atteindre des vitesses proches de 60 km/h).  D’autant plus que nous venions de quitter le lac de Constance dont les berges sont des plus jolies pour nous retrouver sur une route sur-fréquentée par les automobilistes allemands en soif de vitesse, afin de retrouver les rives du Danube, notre objectif journalier. Mais voilà, la météo a fait des siennes et la pluie a commencé à tomber. Pédaler quand il fait froid ne me gène pas (nous avons quand même vu nos premières neiges cette journée là) mais sous la pluie, c’est bien moins drôle… Nous avons alors préféré demander Suisse-avril-2013 0057l’hospitalité à un couple de pompiste qui nous a gentiment proposé de mettre notre tente dans leur jardin, après leur avoir tendu de bien nombreuses perches ! A notre grande surprise, nous avons pu nous laver et faire notre cuisine dans les toilettes du cimetière, placé en face de la station service. Et vous n’allez pas le croire mais il y avait un petit chauffage d’appoint dans ces toilettes !

Après une nuit humide, nous avons du mettre presque trois heures pour tout plier dans nos sacoches en essayant tant bien que mal de sécher la tente avec nos linges.

La suite du parcours semblait vraiment prometteuse et donnait le ton de ce qui nous attendait : de petits chemins forestiers, tantôt rive droite, tantôt rive gauche du Danube qui est encore à la taille d’une rivière. Nous oscillions entre les 300 et les 500 mètres d’altitude mais avec de tels décors, nous nous sentons bien.  Grâce à Jess, j’ai même pu me faire une petite marcheSuisse-avril-2013 0061 lorsqu’elle s’est rendu-compte que son gant, qui était posé sur la remorque (il n’avait rien à faire là ce &+% de gant), avait disparu et ce, après une belle et longue descente !  Ce bien-être fut de courte durée car la pluie a de nouveau fait son apparition. Nous décidons tout de même de continuer car l’envie d’avancer est bien trop grande. Nous tiendrons un peu plus de deux heures…  En arrivant à Hausen im Tal, un paysan, juché dans son tracteur, s’est arrêté à notre hauteur en nous demandant ce que nous faisions là, sous cette pluie. Dans un allemand approximatif, il nous propose d’appeler les auberges sur notre route pour voir celles qui étaient ouvertes.                                                                                                                                        Nous avons décidé pour cette nuit de nous poser au chaud et profiter du confort pour faire sécher notre tente et le reste de nos affaires.

Le plaisir avant tout…

Ce voyage doit être source de plaisir. Pédaler plusieurs heures sous une pluie battante, ça ne nous plaît pas…  Nous ne pouvons pas faire de bonnes distances avec une telle météo car l’organisation du bivouac devient beaucoup trop longue. C’est pourquoi nous prenons le temps de réfléchir à la manière dont va se dérouler la suite.

Au regard de la météo, le mauvais temps va s’installer plusieurs jours, et je ne me vois pas enchaîner les bivouacs sans avoir la possibilité de faire sécher mes vêtements.  Je dois me rendre à l’évidence, nous ne parviendrons pas à Istanbul sans faire une bonne partie en train. C’est pourquoi nous allons essayer d’avancer un peu pour arriver jusqu’à Ulm puis tenter de prendre un train pour nous rapprocher un peu et avoir une météo un peu plus clémente.

Alban

 

Rédigé par lattitudeterre

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marie-laure et corentin 08/05/2013 09:50

bisous a tous les 2 j'espere que le courage est là pensons bien a vous on essaie de suivre au mieux cette aventure prenez soin de vous bisous

Lillo 11/04/2013 20:11

J'espère que tout va bien et que le temps vous embête pas trop...profitez bien la famille di Pasquale vous embrasse.....bon voyage

Anne 11/04/2013 16:57

Sa fait plaisir de lire ce que vous avez déjà parcourut.
J’espère pour vous que le temps va s'améliorer, bon courage a tout les deux.
Bisous.

Priska 11/04/2013 14:45

vous me manquez déjà trop.... continuez comme ça! courage!

Bea 11/04/2013 11:35

Bon courage les amis! Déjà plein d'aventures et des beaux paysages!! et rappelez vous que la pluie, tôt ou tard laissera place au soleil! C'est ce que je me dis souvent... je sais de quoi je parle
eihn!!!

Sofie et Tibo 11/04/2013 11:11

Bisous les amiEs !!
Quel plaisir de vous suivre par écrit !!!
On pense beaucoup à vous, COURAGE et à très vite !!!
S. et T.

Dimitri 11/04/2013 10:28

Bravo pour vos débuts et bon courage pour les moments + difficiles. Ne lâchez rien !
Bises à vous 2

marion (covoiturage;) 10/04/2013 21:05

Bon voyage à tous les 2!! c'est sympa de pouvoir vous lire et de suivre votre périple :) enjoy! à bientôt les amoureux!

Christo duperrut 10/04/2013 17:58

Hey, je suis fière de voir que je suis le premier à mettre un commentaire de votre premier article...
Tout sa pour dire qu'on vous souhaite bonne chance et qu'en même temps, on vous envie mais on est bien content d'être au sec... ;-)

Par expérience, je peux vous dire que les cimetières sont une très bonne chance de trouver de l'eau durant un voyage comme celui-là.

A bientôt