Article 33: Entre convalescence et blessures...

Publié le 21 Mars 2014

Alban, le 22 mars à Kampot - Cambodge

 

10 mars 2014, il est 17h45 et la mère de Jess s'aprête à monter dans son tuk-tuk pour l'aéroport. 

Les vacances familiales sont désormais finies et après avoir passé près de plusieurs mois en compagnie d'autres voyageurs et amiEs (Baptiste, Margot), nous voilà désormais tous les deux. Même si je me suis surpris à apprécier ranger nos affaires dans l'armoire de la chambre d'hôtel, le vélo me manque. Devoir monter sa tente tous les soir pour dormir, de déballer ses affaires pour installer son bivouac et de tout préparer avant que la nuit tombe ne nous laisse aucun moment de répis est devenu notre quotidien. Ici, j'ai l'impression de tourner en rond...  La sédentarité devient difficile lorsqu'on a gouté au nomadisme.

 

Nous restons beaucoup plus longtemps que prévu à Phnom Penh. Nous devions partir le 12 mars mais Jess est tombée malade la nuit précédant notre départ. Est-ce l'angoisse de quitter une ville qui nous plaît tant? La crainte de devoir reprendre la route sous une chaleur écrasante? Le contre-coup du départ de nos parents? Impossible de savoir. Tout ce que je peux dire, c'est qu'elle est restée 4 jours dans son lit, sans pouvoir faire quoi que ce soit.Pour note dernière soirée, nous nous offrant au restaurant Friends (restaurant associatif qui travaille avec les jeunes à la rue) pour goûter aux spécialités locales.

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Tarentules, sauce au poivre noir et citron

Nous prenons la route le dimanche 16 mars. Direction alors le sud du pays, une des régions les plus appréciées du Cambodge. Bordée de plages tropicales, de mangroves et d'îles vierges, la côte sud du Cambodge abrite aussi de grands parcs nationaux et deux stations coloniales aujourd'hui quasi abandonnées. Mais avant de découvrir les plages de sable blanc, nous avons rendez-vous avec Phil, dans sa ferme située sur la chaîne des Cardamones.

 

La première étape se passe sans incident. La reprise se fait en douceur et nos jambes retrouvent la monotonie du pédalage. Après avoir parcouru 50 kilomètres, nous nous arrêtons dans une station service pour fêter nos 10'000 kilomètres! Tan Veiyie, âgée de 21 ans, est la fille du propriétaire. Elle est tellement heureuse de voir des touristes s'arrêter ici qu'elle nous invite à rester chez elle pour la soirée. Bon c'est vrai qu'il n'est que 14h mais ce n'est pas tous les jours qu'on fête ses 10'000 km à vélo! Nous acceptons alors son invitation. Dans un très bon anglais, Tan nous présente auprès de ses amiEs et sa famille.
Sok Sarak et Sok Sum sont tous les deux boxeurs. Au moins, on ne risque rien ce soir! Très rapidement, les garçons me proposent une partie de volley-bal, une véritable institution ici au Cambodge. Sans le savoir, je m'embarque dans une partie ô combien sérieuse, paris à l'appui, qui se déroulera sur 5 sets. Nous avons eu de la chance car après avoir été mené 2 sets à 0, nous sommes remonté jusqu'à remporter le match. Mais voilà, difficile de sortir indemme d'un match de plus de deux heures, en plein soleil. En restant pieds nus pendant les 2 premièrs sets, deux énormes cloques se sont formées sous la plante de chaque pied. Ne voulant renoncer à jouer le 3e set, j'enfile mes sandales pour éviter que ça s'aggrave...  Mais voilà, ne souhaitant rester sagement sur la touche comme j'aurais du le faire, l'une des cloques éclate et laisse échapper le sang accumulé. La douleur est vive et c'est avec difficulté que nous retournons à la station essence pour tenter de nettoyer tout ça. Après une rapide toilette, nous nous retrouvons autour de la table. La soirée se passe tranquillement, entre bières " Cat black" et anecdotes.

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Le lendemain, une grosse étape nous attend car nous avons rendez-vous avec Phil. Le réveil nous sort du lit à 4h30 et c'est à la lueur de la frontale que nous prenons la route vers 6h. Sachant que les températures montent au dela des 45°C aux heures chaudes, nous souhaitons en faire le maximum ce matin avant qu'il ne fasse trop chaud. Malgré toute la motivation du monde, je ne parviens pas à pousser sur les pédales. Mes pieds me font souffrir et nous accumulons les pauses pour me permettre de souffler au mieux. J'essaie tant bien que de mal à penser à autre chose, à évader mon esprit comme lors des étapes monotones mais là, il n'y a rien à faire. Chaque poussée me rappelle à l'ordre. Sur les coups de 10h, nous rencontrons Dae, un coréen qui voyage lui aussi à vélo. Nous roulons ensemble un petit moment mais deux heures plus tard, alors qu'il n'est que midi, je demande une nouvelle fois à Jess de nous arrêter afin de faire une sieste. Le soleil est désormais haut dans le ciel et je n'ai plus aucune motivation. Si j'avais été seul, je crois que je me serais arrêté là pour la journée. Grâce à Jess, je parviens néanmoins à retrouver un peu de force et c'est vers les 15h que nous repartons. Selon Phil que nous avons eu au téléphone, il nous reste plus que 20km... Nous en ferons encore 45!

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Merci Thuy pour tous ces fruits!

 

 

En arrivant à la ferme, Phil me voit boiter. Avec ses 4 ans de médecine, il souhaite immédiatement voir l'état de mes pieds. Je me pose alors dans ce qu'il appelle la cuisine et en décollant les pansements, je découvre une bonne crevasse sous le pied droit. Après un rapide nettoyage, le verdict tombe. "Alban, tu dois rester au moins trois jours sans marcher car ça pourrait vite s'aggraver". Me voilà bien... Alors que nous venons de faire aujourd'hui 96 km pour pouvoir filer un coup de main à la ferme en échange du gîte et du couvert, je ne peux rien faire. En même temps, vu que Phil vient de se lancer dans cette entreprise de permaculture il n'y a que quelques mois, il n'y a pas vraiemnt grand chose à faire ici. Pour faire simple, la permaculture c'est à la fois une philosophie et une méthode de conception/planification de l’usage de la terre dont l’obsession est la pérennité et l’efficacité. Il doit donc encore étudier les vents, les pluies ou la terre avant de planter quoi que ce soit.

Durant ces trois jours, nous enchaînons alors les partis de dés avec Thuy, leur fils âgés de 13 ans pendant que E, sa femme, nous prépare au feu de bois des spécialités du pays (soupe à l'oeuf, salade de légumes, soupe au riz et poisson...).La ferme est perdue dans la nature.

 

Ne souhaitant me voir pédaler, Phil nous conduit à bord de son pick-up jusqu'à Kampot, la ville située à une dizaine de kilomètres. Dominé par le massif du Bokor (1 080 m), ce port du Golfe de Thaïlande a connu son heure de gloire à l'époque coloniale grâce au commerce du poivre de Kampot.

Ne pouvant encore marcher correctement, nous décidons de nous prendre une auberge légèrement excentrée du centre. Installés à la Bodhi Villa guest house, faisant face à la rivière et à la mangrove, nous profitons de cette immobilitée forcée pour écrire, mettre à jour notre blog et préparer la suite de notre voyage dans un cadre paradisiaque. Nous profitons également de Dae que nous retrouvons par hasard dans la ville.

 

Nous devrions restés ici encore deux, trois jours afin que je me remette complètement. Après,nous prendrons sûrement quelques jours vélo pour découvrir à vélo la chaîne des Cardamones avant de prendre la direction de Bangkok.

 

Bordée de plages tropicales, de mangroves et d'îles vierges, la côte sud du Cambodge abrite aussi de grands parcs nationaux et deux stations coloniales aujourd'hui quasi abandonnées.
En savoir plus sur http://www.lonelyplanet.fr/destinations/asie/cambodge/regions-et-quartiers/cote-sud#MOfBSqZhxsgUYLbx.99
Bordée de plages tropicales, de mangroves et d'îles vierges, la côte sud du Cambodge abrite aussi de grands parcs nationaux et deux stations coloniales aujourd'hui quasi abandonnées.
En savoir plus sur http://www.lonelyplanet.fr/destinations/asie/cambodge/regions-et-quartiers/cote-sud#MOfBSqZhxsgUYLbx.99
Bordée de plages tropicales, de mangroves et d'îles vierges, la côte sud du Cambodge abrite aussi de grands parcs nationaux et deux stations coloniales aujourd'hui quasi abandonnées.
En savoir plus sur http://www.lonelyplanet.fr/destinations/asie/cambodge/regions-et-quartiers/cote-sud#MOfBSqZhxsgUYLbx.99
Bordée de plages tropicales, de mangroves et d'îles vierges, la côte sud du Cambodge abrite aussi de grands parcs nationaux et deux stations coloniales aujourd'hui quasi abandonnées.
En savoir plus sur http://www.lonelyplanet.fr/destinations/asie/cambodge/regions-et-quartiers/cote-sud#MOfBSqZhxsgUYLbx.99

Rédigé par lattitudeterre

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Commenter cet article

marcel 25/03/2014 10:21

c'est évidemment soignez vous bien avec un Z et non er comme j'ai mis.
La visite de la famille, ça fait du bien ?
la mienne a fait également du bien pour les fêtes de fin d'année, et on remettra ça en Amérique du Sud.
Bises à vous deux,et soignEZ vous bien.
marcel

Nathalie 24/03/2014 20:48

En lisant votre dernier thème du voyage, je m'attendais à pire mais ouf... Enfin, je ne dis pas que les douleurs aux pieds ce n'est rien!
Bon allez, bon courage jusqu'à Bangkok. Où nous avons profité des grandes artères en guise de rues piétonnes lors des manifestations.
Bye

Valérie, maman de Baptiste 23/03/2014 14:23

Bonjour vous deux! Je continue à vous suivre avec un immense plaisir et espère que vous serez bientôt en pleine forme pour la suite du voyage. Vos photos sont bien belles en tout cas et vous avez
largement mérité le cadre paradisiaque! Plein de pensées du Mandement.

brigitte 22/03/2014 21:21

je pense que tu as été sage Alban et que tu t'es bien soigné! je compatis avec jess ,vous retrouver tous les deux , la famille partie..... mais ces quelques jours de repos ont du vous faire du bien
a tous les deux ...... on vous embrasse tous les deux

Céline 22/03/2014 14:26

eh bien! le volley est encore plus dangereux que le frisbee!!!! courage et bon rétablissement!
on pense bien à vous, Mellie ne pédale pas encore mais court presque, elle pousse tellement vite!!!! et on quitte notre vie à bevaix pour revenir à genève dès la semaine prochaine!
plein de becs et profitez bien de ce magnifique sud du cambodge! becs
céline, Mellie et Kian

marcel 21/03/2014 14:33

Pour éviter de partir tôt afin d'éviter la grosse chaleur, pourquoi ne pas profiter d'avoir des ampoules et rouler la nuit.....
Remets toi vite mon brave, car j'ai encore la bouteille de Ricard non ouverte...(ce serait un sacré désafectant !)
Je suis en Malaisie, (difficile pour la bière de l'étape en campagne)je pense être sur Kuala Lumpur dans deux jours.
Cela va être dur de se croiser de nouveau.
Bises à vous deux et soigner vous.
je vous embrasse
Marcel