Article 19: Sortez vos parapluies...

Publié le 1 Novembre 2013

Alban à Dali, Chine                                                                                                        le 1er novembre 2013

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La boue dans les pédales

En raison de son climat tempéré tout au long de l'année, Kunming, petite ville chinoise de 6,5 millions d’habitants, est souvent appelée la « ville du printemps éternel »… Et bien en découvrant  cette phrase, je me suis bien marré en passant 5 jours sous la pluie ! Comme le disait Jess dans l’article précédent, nous avons ainsi pu nettoyer le vélo, écrire, lire et rencontrer de nouvelles personnes car il ne cessait de pleuvoir !

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On s'abrite comme on peut !

Après cette petite pause, nous reprenons la route avec notre tandem en direction de Dali. Malgré la météo incertaine, nous sommes impatient de rouler après une pause de près d’un mois…

A peine 400 km nous séparent de cette ville mais nous en aurons rarement autant bavé. La pluie qui avait cessée de tomber lors de notre première journée refait des siennes. Elle ne nous lâchera pas 4 jours de suite.  Malgré nos vêtements techniques, les gouttes parviennent à se frayer un passage nous transformant en véritable éponge. Et il n’y a rien de plus difficile que de s’arrêter à un bivouac sans vraiment pouvoir se mettre à l’abri ; la tente ne pouvant sécher est rangée dans un sac poubelle,  les tongs restent au fond des sacoches et les rares affaires qui ont été épargnée par le crachin  sont quand même mouillées par l’humidité.

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                             Parfois on trouve un coin où s'abriter ...

De plus, la route que nous empruntons ressemble le plus souvent à une piste pleine de trous et de pierres, parfois recouverts par les coulées de boue. Ah la boue, ce qu’elle préfère, c’est s’agglutiner entre les porte-bagages et  les pneus ; combler ce petit espace vide qui permet à la roue de tourner librement. Du coup, nous sommes contraint de nous arrêter toutes les dix minutes afin de nettoyer, gratter et enlever cette plaque devenue compacte créant une belle résistance. Enfin, la route que nous avons choisie n’est qu’une succession de montées et de descentes. Certes nous sommes loin des cols à 3'800 mètres du Kirghizistan mais c’est tout aussi difficile !

 

Une belle surprise

Même si nous sommes confrontés à certaines difficultés, je crois que cet itinéraire sera l’un des plus beaux de notre voyage.

La route 320 est quasi déserte car la majorité des automobilistes préfèrent emprunter l’autoroute G56. Du coup, nous sommes en permanence au contact des locaux qui vivent principalement de (très) petites exploitations agricoles. Accroupis dans leurs champs en train de couper, ramasser et ressemer ou encore derrière leurs buffles qui retournent la terre, ces paysans passent une grande partie de leurs journées à l’extérieur, quelque soit la météo ! Nous avons ici l’impression que le temps a oublié de s’écouler…

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Comment faire sécher son maïs...

Nous traversons également des paysages à couper le souffle. Avec ce climat tempéré, la végétation est reine. Hormis quelques fleurs qui tentent timidement d’apporter quelques touches de jaunes, oranges ou blanches, le reste n’est qu’un dégradé de vert. Jamais il nous a été donné de voir autant d’essences si différentes sur un territoire si restreint. Bananiers, plantes de cannabis,  fougères, etc jouissent d’une liberté quasi totale. Je dis « quasi » car les chinois sont eux, les rois de la construction. Des flancs de montagnes sont complètement mis à nus pour permettre la construction d’une nouvelle route, une troisième… Afin de couper au plus court et ainsi éviter le relief difficile, ils élèvent d’énormes pilonnes et creusent de nombreux tunnels pour construire une route suspendue – tout ça sans se soucier de l’impact écologique.

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Magnifique bivouac malgré la pluie !

Une explosion de saveurs

En Chine, nos repères sont complètement chamboulés et particulièrement pour la nourriture.  Maxime nous avait appris quelques symboles chinois nous permettant de commander certains plats sans avoir peur de ce qu’on allait nous servir ! 包子 Les baozi, prononcés baotze, sont des délicieux petits pains farcis à la viande ou aux légumes ; un régal.  Il y a également les jiaozi (饺子) ou encore appelés dumpling, une sorte de raviole cuite à la vapeur. Les œufs durs, qui, cuits dans du thé noir salé, sont également délicieux.

Si nous ne trouvons ou ne voulons pas ces trois sortes de plats, nous ne savons jamais ce que nous allons manger... Tantôt sucré, tantôt salé, les papilles gustatives sont souvent mises à mal et cherchent avant tout de détecter les nombreux piments qui se confondent avec les poivrons. Sueurs, palpitations, étouffement…, manger sans en connaître le contenu est toujours un sport ! A chaque bouchées, les papilles s’émerveillent, hallucinent et suent à grosses gouttes quand le piment les visite.

Faire ses courses prend désormais une heure contre quelques minutes d’efficacité et de facilité dans les pays précédents. Nous sommes toujours surpris par ce qu’on achète, l’emballage ne ressemblant jamais au contenu… Sur les marchés, crapauds, serpents, et autres mets attendent d’être dévoré ; j’ai d’ailleurs gouté aux sauterelles et ce n’est pas si mauvais !

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Laquelle tu veux ?

Bref, si vous allez en Chine, je ne peux que vous conseiller les petits « bouis-bouis ». Sans savoir ce que vous allez manger, la surprise est toujours au rendez-vous !

 

PS: merci à Max pour la correction de fautes d'orthographe :)

Rédigé par lattitudeterre

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Commenter cet article

céline 18/11/2013 13:24

hello ici en france il est 13h23 et je bave d'envie devant ces petits plats que vous décrivez ;) j'ai enfin un peu de temps à vous consacrer je suis bien contente de vous lire :)

Alban 04/11/2013 17:42

Les mimes, dessins et photos restent toujours les meilleurs outils pour communiquer!
Merci pour ton post Antho et profite bien de l'hiver genevois pour mettre les raquettes aux pieds :)

Antho 02/11/2013 01:08

Bon appétit ;) ça m a fait un peu la même chose au Japon, mais après quelque semaines et un bloc papier et un crayon pour dessiner on s en sortait ;)