Article 47: Chaleur du sud

Publié le 31 Octobre 2014

Jess à Séville, Espagne                                                                             1er novembre 2014

 

Dans une chambre hôtel au Laos nous étions tombés par hasard sur l’émission Thalassa (et oui !) consacrée au Portugal. Nous avons alors été charmés par un petit village de pêcheurs situé à quelques kilomètres de Lisbonne, de l’autre côté du Tage : Cova Do Vapor. Nous nous sommes promis d’y aller et avons tenu parole ! En quittant Lisbonne par le bateau nous atteignons l’autre rive qui contraste étrangement avec la capitale. Nous ne sommes qu’à quelques kilomètres mais déjà nous nous sentons à l’autre bout du monde, plongés dans le Portugal authentique : maison d’un blanc immaculé, toits de tuiles orangées et surtout leurs habitants, postés à chaque coin de rue, ne perdant rien de ce qui se passe au village. Au Portugal, les chaises sur les terrasses ne sont pas placées tout autour de la table mais face à la rue, en rangée, pour que chacun puisse s’improviser spectateur et témoin des événements qui s’y déroule.

A Cova Do Vapor nous ne faisons que passer, un petit pic-nic improvisé sur la plage, quelques exclamations des petits vieux que nous croisons, des encouragements, des sourires. La chaleur des habitants se vit à chaque coin de rue.

Sur les conseils d’un ami portugais, Roger, nous décidons non pas de longer la côte (et puis d’abord on en a assez vu de l’eau ces derniers mois…) mais de nous enfoncer un peu dans les terres et plus précisément dans la région de l’Alentejo. Ici les champs s’étendent à perte de vue, les oliviers se dressent un peu partout mais surtout ici c’est le chêne liège qui est à l’honneur, on le trouve partout. Pour cause, l’Alentejo est la première région au Monde productrice de liège ! Et c’est aussi la région la moins peuplée du Portugal : ici seulement 6% de la population vit sur un territoire représentant 31% du pays, c’est vous dire que l’on ne croise pas grand-monde à part des vaches, des cochons et surtout beaucoup de cigognes perchées dans leurs nids. Nous on adore ! On aime ces petites routes de campagnes, ces pauses cafés dans les villages, ce soleil, la facilité pour trouver un bivouac, ces habitants toujours accueillants.

Nous faisons quelques détours sur le routes portugaises pour ne pas aller au plus court, histoire de profiter jusqu’au bout de cette douceur de vivre.

Nous atteignons Beja le 22 octobre et décidons de planter la tente dans son camping municipal. Coût de la nuit ? 3,70 € pour nous deux ! Et oui, c’est ça aussi le Portugal. Un des pays européens les moins chers… 1€ la bière en terrasse, 0,60€ le café ou encore 6€ pour un plat au restaurant. Autant vous dire que le Portugal attire bon nombre de touristes, en particulier à cette saison où le soleil ne cède pas sa place à l’automne morose. Beja est une ville chargée d’histoire. Il suffit de s’y promener pour s’en rendre compte. Citadelles, couvents, musées, château fort et bien sûr, ces fameuses places pavées que les terrasses envahissent. Nous y resterons trois nuits afin de refaire le plein d’énergie et aussi de partager un bon Porto dans le camping-car de Guilhem et de Marie-Thérèse, un couple de retraités français qui profitent de la chaleur portugaise.

Depuis Beja, nous continuons notre route en suivant au plus près un bras du rio Guadina. La route que nous prenons n’est pas sur la carte et c’est un passant qui nous l’a conseillée. C’est d’ailleurs l’un de nos coups de cœur. Une petite route où l’asphalte laisse place à la terre. A part quelques tracteurs, cochons ou encore moutons, nous ne croisons pas grand monde ici. Alors que nous sommes qu’à quelques kilomètres de la frontière espagnole, nous bifurquons à l’ouest. Le Portugal nous réserve encore des surprises et nous ne souhaitons pas le quitter si tôt. Nous traversons alors la chaîne de montagnes « Serra do Calderào » avec un point culminant à 577m quand même ! Quelle folie!  En arrivant à Tavira, nous savons qu’il nous reste plus qu’une trentaine de kilomètres avant de traverser la frontière.

C’est à Vila Real de Santo Antonio que nous prenons le ferry pour rejoindre un nouveau pays bien prometteur, l’Espagne.

Dès nos premiers kilomètres en Espagne nous sommes étonnés par l'environnement: tout autour de nous des serres, des champs à perte de vue, une terre sèche, rien à voir avec les verts paturages portugais...Nous avons en tête la culture intensive des fruits et légumes de la région qui est souvent synonymes de désatre à la fois écologique et humain car la plupart des travailleurs, ici, ont un statut illégal et donc des conditions de travail précaires. Bref, comme paysage on a vu mieux !

De plus, le fait d'entendre depuis quelques jours la langue espagnole, d'avoir quelques repères familiers et de savoir que ma famille n'est pas loin, ajouté à cela quelques douleurs dans les jambes et l'envie, après 19 mois, de vivre autre chose, me poussent à prendre une décision: depuis Séville je vais prendre un bus, puis un bateau pour rejoindre Majorque, un mois plus tôt que prévu. Alban continuera avec Pino jusuq'à Barcelone enfin...il va essayer! Car même si conduire le tandem sur quelques mètres tout seul s'avère être d'une facilité déconcertante, faire 1600km est une autre histoire...On verra bien et puis je sais qu'au fond de lui il espère toujours tomber sur Pénélope Cruz faisant du stop au bord de la route. L'espoir fait vivre...

 

 

 

Sur les routes portugaises, avec notre ami qui nous a aidé à changer un rayon :)Sur les routes portugaises, avec notre ami qui nous a aidé à changer un rayon :)
Sur les routes portugaises, avec notre ami qui nous a aidé à changer un rayon :)Sur les routes portugaises, avec notre ami qui nous a aidé à changer un rayon :)Sur les routes portugaises, avec notre ami qui nous a aidé à changer un rayon :)
Sur les routes portugaises, avec notre ami qui nous a aidé à changer un rayon :)Sur les routes portugaises, avec notre ami qui nous a aidé à changer un rayon :)

Sur les routes portugaises, avec notre ami qui nous a aidé à changer un rayon :)

Andalousie et SévilleAndalousie et Séville
Andalousie et Séville
Andalousie et SévilleAndalousie et SévilleAndalousie et Séville

Andalousie et Séville

Rédigé par lattitudeterre

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

serrurier paris 24/11/2014 14:43

J'apprécie votre blog , je me permet donc de poser un lien vers le mien .. n'hésitez pas à le visiter.

Cordialement

trafic 12/11/2014 06:42

Merci beaucoup pour cet article. Sympa.

Pascal 06/11/2014 17:56

La peur du retour ?
S'il reste une place sur le pino, c'est peut être une aubaine pour Alban de pouvoir prendre un passager local sur quelques kilomètres. Ce serait des rencontres formidables. Genre "Je garde le guidon mais dirige-moi vers l'endroit qui te plait le plus dans ta ville/ta campagne/ta région".

Bon voyage tout de même, que ce soit en bus ou en à vélo ;-)

Baptiste 02/11/2014 12:27

Quoi il y a une place libre sur le Pino Davidson ?! J'arrive !
Et pour les 577m vous en faites pas, vous serez prêts pour l'hiver avec tous ces petits cols roulés...(désolé j'ai pas trouvé mieux)

alban et jess 02/11/2014 14:07

@ Baptiste, je crois que là on est prêts pour la Pamir...Et bravo, tes Baptistades sont toujours à la hauteur !
@ Cyclomigrateurs, et oui ça fait bizarre après 19 mois de se séparer mais bon, il faut suivre ses envies :) Bonne route à vous deux et continuez à nous épater avec vos côtes de la mort qui tue!

les Cyclomigrateurs 02/11/2014 00:37

Ca alors, l'équipage du tandem se désynchronise ! Ca va vous faire tout drôle, non ?
Le Pino en solo, ce n'est pas commun, vous continuez dans l'originalité.
Profitez bien des moments d'automne qui restent.
Nous, on file en asie après une parenthèse inattendue en France.
Bye